Ituri : le projet Borderlands accompagne 57 structures féminines dans l’identification de leurs priorités pour renforcer leur contribution à la paix et à la cohésion sociale

Ituri, de mai à juillet 2026 – Dans le cadre du projet Borderlands « Renforcement de la coopération transfrontalière, de la stabilisation et de la résilience des zones frontalières entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République d’Ouganda », financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec Mwangaza Peace, une identification des besoins de 57 structures féminines a été menée dans les zones frontalières d’Offo (Aru), Karombo et Anzida (Mahagi), Kasenyi (Irumu) et Tchomia (Djugu), en province de l’Ituri.

Dans ces zones frontalières, les structures féminines jouent un rôle important dans la cohésion sociale, la prévention des conflits et la mobilisation communautaire. Leur capacité d’action demeure toutefois limitée par plusieurs contraintes, notamment un accès restreint aux financements, des capacités organisationnelles encore insuffisantes et un manque de ressources et d’équipements adaptés. L’exercice a ainsi permis de mieux cerner leurs capacités existantes, d’identifier leurs besoins prioritaires et d’évaluer leur contribution à la prévention des conflits et de la traite des personnes, afin d’orienter les futurs appuis en fonction des réalités et des priorités identifiées.

Les résultats montrent d’abord un réel dynamisme : 75 % des structures ont été créées depuis 2015. Mais leur ancrage local ne s’accompagne pas toujours d’une structuration suffisante : 86 % ne disposent pas de compte bancaire, et 88,3 % de leurs membres vivent avec moins d’un dollar par jour, une précarité qui limite leurs capacités d’action.

Focus groupe à Karombo, territoire de Mahagi, © Mwangaza Peace, 2026

Interrogées sur leurs besoins, les structures ont identifié la formation comme priorité (44,3 %), suivie du financement (23,9 %), du matériel et de la logistique (17,3 %), du plaidoyer auprès des autorités (8 %) et du développement de liens transfrontaliers (5,1 %).

Au-delà de ces contraintes, l’analyse souligne le potentiel de ces structures dans la prévention des conflits : proches des populations, elles sont souvent les premières à percevoir les tensions sociales et les vulnérabilités auxquelles sont exposées les femmes et les filles. Renforcer leurs capacités peut ainsi améliorer leur participation aux mécanismes locaux de dialogue, de médiation et d’orientation des personnes vulnérables.

« Cette analyse nous donne une meilleure visibilité sur les capacités réelles des structures féminines et sur les obstacles qui limitent leur participation », explique Espérance Andiniyo, responsable du service Genre, Famille et Enfants dans le territoire d’Aru.

Ces résultats constituent désormais une base solide pour orienter les prochains appuis, notamment en matière de renforcement du leadership et des capacités de gestion, d’accès au financement, de dotation en équipements adaptés aux besoins identifiés et de reconnaissance institutionnelle. En s’appuyant sur les enseignements de cette analyse, le projet Borderlands, financé par l’Union européenne, entend renforcer davantage la participation et le rôle des femmes dans les initiatives de paix, de cohésion sociale et de résilience au sein des communautés frontalières entre la RDC et l’Ouganda.

Communication Mwangaza Peace

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